Dimanche 1 février 2009 7 01 /02 /2009 21:14

La relance Aubry c'est la même recette que les 35h Aubry. Il y a un gâteau à partager et pour que tout le monde en ait une part - part de travail ou part de consommation- le gâteau est découpé en tranches égales distribuées à chacun.

Pour autant, l'expérience des 35h aurait dû faire évoluer cette méthodologie globalisante. La décision des 35h a  été une vraie et grande décision politique. Dans un contexte de chômage fort, l'idée de dire que cela suffit et que la baisse du temps de travail permettra aux chômeurs d'accéder à l'emploi méritait d'être essayée. Certes, une décision bien française mais une décision politique au sens noble du terme: la politique pour changer la vie dans la cité.

Il se trouve que cette expérience des 35h a montré ses limites: la globalisation. Autant cette réforme fut la bienvenue dans certains secteurs dont la pénibilité nécessitait une réduction   du temps de travail, autant fut elle néfaste dans d'autres secteurs où les salariés et entreprises se sont trouvés bridés. Dit autrement, la motivation et la disponibilité n'étant pas les mêmes aux différents âges de la vie, les 35h ont entraîné des non sens économiques en empêchant certains salariés volontaires de travailler au delà de 35h pour améliorer leur niveau de vie.   

Il est donc étonnant que le même processus soit proposé dans le cadre de la relance Aubry. Même s'il ne s'agit que de deux de ses aspects, vouloir verser 500€ à tous les bénéficiaires de minimas sociaux et de la prime pour l'emploi et geler les réductions de postes dans la fonction publique est une réédition d'une politique globalisante et manquant de pragmatisme.

En effet, certains secteurs ou bassins économiques sont toujours en tension de recherche de salariés et rien ne justifie économiquement que les personnes au chômage et qualifiées dans ces secteurs ou pouvant s'y orienter aisément bénéficient d'une prime. De plus, le fonction publique doit être redéployée différemment et il n'y a pas de motifs économiques ou sociaux justifiant, par exemple, l'arrêt des suppressions de postes dans l'Education Nationale, au vu du réservoir d'enseignants qui n'enseignent pas et qui peuvent donc remplacer les départs. 

Les zones de faiblesse de l'économie française sont connues: l'exportation, l'investissement, la recherche. Booster les entreprises ou administrations de ces 3 champs est la clef d'une sortie de crise réussie. Inutile de favoriser par des primes -sauf pour nos concitoyens les plus en difficulté- l'importation de produits asiatiques. Inefficient également d'accroître la fonction publique dont le rôle de "stabilisateur" est certes appréciable en période de crise mais qui se transformerait fatalement en "boulet" quand les nuages de la dépression s'écarteront.    

Par Frédéric - Communauté : Economie et société
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Mercredi 28 janvier 2009 3 28 /01 /2009 21:30

Le nombre de grévistes est-il plus ou moins élevé en France qu'ailleurs? Comment se fait le décompte et est-il fiable?

Pour la comparaison du taux de conflictualité en Europe, le critère du nombre de journées individuelles non travaillées (JINT) rapporté à la population est utilisé. Il semble toutefois que le périmètre examiné selon les sources (avec ou sans la fonction publique; type d'entreprises examinées;...) aboutit à des chiffres assez différents (la France passe ainsi, d'un tableau à l'autre, du peloton de tête des pays grévistes à moins que la moyenne européenne ). Vous trouverez une excellente analyse de ces différentes sources sur le site  Ecopublix .

Le décompte du nombre de grévistes est lui aussi un sujet de réflexion de fond par son enjeu politique et social. C'est pour cela qu'il est pertinent de présenter ci-dessous l'analyse de la remontée des résultats d'une grève, en l'occurrence celle du 1er décembre 2008 à l'ANPE. Nul doute que la grève du jeudi 29 janvier 2009, qui concerne un nombre très important d'entreprises, fera l'objet de multiples interprétations puisque rien n'est déjà simple quand il s'agit d'une seule entreprise !
 

Le 1er décembre 2008, une grève a eu lieu à l'ANPE. Le motif est salarial . L'ANPE fusionne avec l'ASSEDIC le 1er janvier 2009 et les conseillers de l'ANPE vont travailler avec un salaire inférieur à leurs homologues ASSEDIC. De plus, leur charge de travail est accrue par de nouveaux services à délivrer dans la nouvelle institution fusionnée qui porte désormais le nom de Pôle emploi: le conseil à l'emploi par téléphone proposé au public appelant le 3949 et le traitement de l'indemnisation par ces mêmes conseillers permettant  aux demandeurs d'emploi  d'avoir un référent unique.

Les agents ANPE se mobilisent fortement le 1er décembre. Selon la Direction, 48% des conseillers sont en grève alors que l'estimation syndicale est dans une fourchette de 60% à 70% !

Comment expliquer une telle différence que l'on retrouve d'ailleurs lors de nombreux conflits sociaux ?

Tout d'abord, par la rapidité exigée de l'information du nombre de grévistes. Dès l'ouverture des agences ANPE, il est demandé aux managers de faire remonter leurs estimations du nombre de grévistes. Or, un agent peut être comptabilisé comme gréviste alors même qu'il va prévenir son responsable 10 minutes plus tard de son arrêt maladie. De même, un agent prévu en formation peut être gréviste sans que son manager en soit informé immédiatement  et est donc compté comme non gréviste.  

C'est sur la foi de ces remontées que l'estimation du nombre de grévistes est donnée en fin de matinée. Le nombre exact de grévistes n'est en fait connu que le lendemain. Mais il est déjà trop tard car, Direction et syndicats se sont déjà emparés des chiffres de la veille soit pour minimiser l'événement, soit pour en obtenir le bénéfice maximum voire la reconduite de la grève.

L'ANPE compte "seulement" 30 000 salariés. Imaginez les erreurs possibles lors d'une grève à l'Education Nationale !  

Ensuite, qui est comptabilisé comme gréviste? Les syndicats évoquent une estimation supérieure arguant que les CDD, peu grévistes par peur du non renouvellement de leur contrat, ne doivent pas être comptabilisés. Or, il est demandé aux managers de ne faire remonter que le nombre de grévistes en CDI. On peut donc supposer que l'estimation de la Direction est la plus proche de la réalité puisqu'elle compare le nombre de CDI grévistes au nombre de CDI qui auraient dû être à leur poste ce jour là (hors agents en maladie, congé, temps partiel). Mais comme la Direction ne précise pas comment son calcul est fait, le doute subsiste et contribue au différentiel.

Enfin, les syndicats expliquent que les nouveaux agents en CDI et en période d'essai ne font pas grève par peur de ne pas être titularisés. Si les syndicats ne les comptent pas comme agent cela augmente mécaniquement le pourcentage de grévistes. On dérive alors sur une segmentation subjective du personnel qui produit des chiffres faux. D'ailleurs, à ce jeu , la Direction pourrait aussi conclure que certains agents ne feraient pas "naturellement" grève mais, ne voulant pas se désolidariser de leurs collègues ou subissant des pressions, préfèrent finalement ne pas aller travailler

Nous voyons là mieux le dilemme du décompte et du pourcentage de grévistes dans une entreprise. Pourtant, avec une demi-journée de plus, les chiffres donnés seraient exacts. Et, en amont, il suffirait que syndicats et Direction se réunissent et s'entendent sur qui est et n'est pas comptabilisé.

Un voeu pieux au regard de la défiance mutuelle entre des syndicats qui se doivent de hausser le ton très vite pour cacher leur faiblesses  (7% des salariés français sont syndiqués et seulement 5% dans le secteur privé) et des Directions souvent coupées du terrain et utilisant à outrance le management par objectif  sans forcément de cohérence ?

Ce serait sans doute l'une des solutions pour arrêter, lors de chaque grève, le scénario décrit. Peut-être l'exemple repoussoir des comptages, recomptages, estimations et contre-estimations de l'élection de la  secrétaire générale du P.S. pourrait  être le déclencheur d'une réflexion sur l'objectivation des conflits sociaux ?     
  
 

Par Frédéric - Communauté : Economie et société
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Samedi 24 janvier 2009 6 24 /01 /2009 21:31

Il est des génies officiels dont le commun des mortels ne comprend goutte. En peinture, musique, littérature ou poésie, chacun peut se trouver devant l'alternative: soit je dis comme tout le monde "ô le génie" même si je ne comprends rien à l'oeuvre; soit je m'interroge...et m'interroge encore !

Quitte à faire montre d'inculture sans pour autant sombrer dans la démagogie, la critique ou la réserve dûe au doute sont à respecter. Il est également possible d'apprécier un artiste sans pour autant le trouver génial ou "culte", surtout quand ce génie repose en fait sur une rime bien troussée, une provocation bien communiquée ou une simple originalité. 

J'ai lu -essayé de lire serait plus juste- l'ensemble des poèmes d'Arthur Rimbaud (1854-1891). Cet homme a pour preuve reconnue de son génie ses fréquentations de grands de l'époque - dont bien sûr Verlaine son ami-, sa toxicomanie et une mort précoce et horrible.

Certes !

Cela suffit-il ? Ah oui, il faut ajouter des titres très communicants: "Bal des pendus"; "Une saison en enfer"; "Illuminations";...  

Après, découvrons les textes. Ceux de l'adolescence témoignent d'une maturité exceptionnelle et de sa capacité à canaliser puis formaliser l'énergie de sa première jeunesse. La révolte gronde contre le politiquement correct de l'époque.

Puis, les poèmes prennent une forme toujours plus tumultueuse, ce qui est un joli mot pour désigner l'incompréhensible. Le plaisir est réel à la lecture très émotionnelle de certaines combinaisons. Mais, très vite, le doute s'installe face à ces flopées de mots rassemblés en poésie.

C'est moi, sans doute, qui ne suis pas à la hauteur, qui  n'a pas pris suffisamment de temps, qui n'a pas le vécu, que sais-je encore. Ou est-ce le poète qui fait le poète afin de faire passer une bouillie de mots pour du sublime réservé aux initiés ?

Bon d'accord, c'est moi, moyen français qui n'arrive pas à être à la hauteur. Un jour, je réessaierai... 

Par Frédéric - Communauté : Pensées sur la vie...
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 22:25

Si Nicolas Sarkozy avait fait le discours d'Obama lors de son investiture en 2007, il aurait été qualifié d'odieux conservateur réactionnaire. Il est intéressant de constater qu'Obama est devenu le héros de ceux qui  plaquent sur l'Amérique le schéma gauche / droite de notre vie politique. Or, les fondements de la  politique américaine en sont très éloignés.

C'est donc l'occasion ou jamais de comprendre l'Amérique en lisant ce discours, ou vous ne trouverez jamais le mot "Etat" mais plus souvent les mots"bible", "Dieu", "travail".

Et peut-être saurons nous mieux chacun de quoi nous parlons !

Quelques extraits ci-dessous puis le discours complet.
 

"Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur." 

"Cela n'a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité. "

"La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. "

"Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées."

"A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire."

"Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend."

""Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes."

"C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain."


"Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l'avons donné aux générations futures."


DISCOURS D'INVESTITURE DE BARACK OBAMA LE 20 JANVIER 2009

 

 

Chers compatriotes

Je suis ici devant vous aujourd'hui empli d'un sentiment d'humilité face à la tâche qui nous attend, reconnaissant pour la confiance que vous m'avez témoignée et conscient des sacrifices consentis par nos ancêtres.

Je remercie le président Bush pour ses services rendus à la nation ainsi que pour la générosité et la coopération dont il a fait preuve tout au long de cette passation de pouvoirs.

Quarante-quatre Américains ont maintenant prêté le serment présidentiel. Ils l'ont fait alors que gonflait la houle de la prospérité sur les eaux calmes de la paix. Mais il arrive de temps à autre que ce serment soit prononcé alors que s'accumulent les nuages et que gronde la tempête.

Dans ces moments, l'Amérique a gardé le cap, non seulement en raison de l'habileté ou de la vision de ses dirigeants, mais aussi parce que Nous le Peuple, sommes demeurés fidèles aux idéaux de nos ancêtres et à notre constitution.

Ainsi en a-t-il toujours été. Ainsi doit-il en être pour la présente génération d'Américains.

Nul n'ignore que nous sommes au beau milieu d'une crise. Notre nation est en guerre contre un vaste réseau de violence et de haine. Notre économie est gravement affaiblie, conséquence de la cupidité et de l'irresponsabilité de certains, mais aussi de notre échec collectif à faire des choix difficiles et à préparer la nation à une nouvelle ère.

Des gens ont perdu leur maison ou leur emploi, des entreprises ont dû fermer leurs portes. Notre système de santé coûte trop cher. Nos écoles laissent tomber trop d'enfants et chaque jour apporte de nouvelles preuves que la façon dont nous utilisons l'énergie renforce nos adversaires et menace notre planète.

Ce sont les signes de la crise en termes statistiques. Mais, si elle n'est pas aussi tangible, la perte de confiance dans tout le pays n'en est pas moins profonde, nourrie de la crainte tenace que le déclin de l'Amérique soit inévitable et que la prochaine génération doive diminuer ses ambitions.

Je vous dis aujourd'hui que les défis auxquels nous faisons face sont réels. Ils sont importants et nombreux. Nous ne pourrons les relever facilement ni rapidement. Mais, sache le, Amérique, nous le relèverons.

En ce jour, nous sommes réunis car nous avons préféré l'espoir à la peur, la volonté d'agir en commun au conflit et à la discorde.

En ce jour nous proclamons la fin des doléances mesquines et des fausses promesses, des récriminations et des dogmes éculés qui ont pendant trop longtemps étouffé notre vie politique.

Nous demeurons une jeune nation. Mais pour reprendre les mots de la Bible, le temps est venu de se défaire des enfantillages. Le temps est venu de réaffirmer la force de notre caractère, de choisir la meilleure part de notre histoire, de porter ce précieux don, cette noble idée transmise de génération en génération: la promesse de Dieu que nous sommes tous égaux, tous libres et que nous méritons tous la chance de prétendre à une pleine mesure de bonheur.

Nous réaffirmons la grandeur de notre nation en sachant que la grandeur n'est jamais donnée mais se mérite. Dans notre périple nous n'avons jamais emprunté de raccourcis et ne nous sommes jamais contentés de peu. Cela n'a jamais été un parcours pour les craintifs, ceux qui préfèrent les loisirs au travail ou ne recherchent que la richesse ou la célébrité.

Au contraire, ce sont plutôt ceux qui ont pris des risques, qui ont agi et réalisé des choses - certains connus, mais le plus souvent des hommes et des femmes anonymes - qui nous ont permis de gravir le long et rude chemin vers la prospérité et la liberté.

Pour nous, ils ont rassemblé leurs maigres possessions et traversé des océans en quête d'une vie nouvelle.

Pour nous, ils ont trimé dans des ateliers de misère et colonisé l'Ouest. Ils ont connu la morsure du fouet et la dureté du labeur de la terre. Pour nous, ils se sont battus et sont morts dans des lieux comme Concord et Gettysburg, en Normandie ou à Khe-Sanh.

A maintes reprises ces hommes et ces femmes se sont battus, se sont sacrifiés, ont travaillé à s'en user les mains afin que nous puissions mener une vie meilleure. Ils voyaient en l'Amérique quelque chose de plus grand que la somme de leurs ambitions personnelles, que toutes les différences dues à la naissance, la richesse ou l'appartenance à une faction.

C'est la voie que nous poursuivons aujourd'hui. Nous demeurons la nation la plus prospère, la plus puissante de la Terre. Nos travailleurs ne sont pas moins productifs qu'au début de la crise. Nos esprits ne sont pas moins inventifs, nos biens et services pas moins demandés que la semaine dernière, le mois dernier ou l'an dernier. Nos capacités demeurent intactes. Mais il est bien fini le temps de l'immobilisme, de la protection d'intérêts étroits et du report des décisions désagréables.

A partir d'aujourd'hui, nous devons nous relever, nous épousseter et reprendre la tâche de la refondation de l'Amérique.

Où que nous regardions, il y a du travail. L'état de l'économie réclame des gestes audacieux et rapides. Et nous agirons - non seulement pour créer de nouveaux emplois mais pour jeter les fondations d'une nouvelle croissance. Nous allons construire les routes et les ponts, les réseaux électriques et numériques qui alimentent notre commerce et nous unissent.

Nous redonnerons à la science la place qu'elle mérite et utiliserons les merveilles de la technologie pour accroître la qualité des soins de santé et diminuer leur coût.

Nous dompterons le soleil, le vent et le sol pour faire avancer nos automobiles et tourner nos usines. Nous transformerons nos écoles et nos universités pour répondre aux exigences d'une ère nouvelle. Nous pouvons faire tout cela et nous le ferons.

Cela dit, il y a des gens pour s'interroger sur l'ampleur de nos ambitions, et suggérer que notre système n'est pas capable de faire face à trop de grands projets à la fois. Ils ont la mémoire courte. Ils ont oublié ce que ce pays a déjà accompli, ce que des hommes et des femmes libres peuvent réaliser quand l'imagination sert un objectif commun et que le courage s'allie à la nécessité.

Ce que les cyniques ne peuvent pas comprendre, c'est que le sol s'est dérobé sous leurs pieds et que les arguments politiques rancis auxquels nous avons eu droit depuis si longtemps, ne valent plus rien. La question aujourd'hui n'est pas de savoir si notre gouvernement est trop gros ou trop petit, mais s'il fonctionne - s'il aide les familles à trouver des emplois avec un salaire décent, à accéder à des soins qu'ils peuvent se permettre et à une retraite digne. Là où la réponse à cette question est oui, nous continuerons. Là où la réponse est non, nous mettrons un terme à des programmes.

Et ceux d'entre nous qui gèrent les deniers publics seront tenus de dépenser avec sagesse, de changer les mauvaises habitudes, de gérer en pleine lumière - c'est seulement ainsi que nous pourrons restaurer l'indispensable confiance entre un peuple et son gouvernement.

La question n'est pas non plus de savoir si le marché est une force du bien ou du mal. Sa capacité à générer de la richesse et à étendre la liberté est sans égale. Mais cette crise nous a rappelé que sans surveillance, le marché peut devenir incontrôlable, et qu'une nation ne peut prospérer longtemps si elle ne favorise que les plus nantis. Le succès de notre économie n'est pas uniquement fonction de la taille de notre produit intérieur brut. Il dépend aussi de l'étendue de notre prospérité, de notre capacité à donner une chance à ceux qui le veulent - non par charité mais parce que c'est la meilleure voie vers le bien commun.

En ce qui concerne notre défense à tous, nous rejettons l'idée qu'il faille faire un choix entre notre sécurité et nos idéaux. Nos Pères fondateurs, face à des périls que nous ne pouvons que difficilement imaginer, ont mis au point une charte pour assurer la prééminence de la loi et les droits de l'Homme, une charte prolongée par le sang de générations. Ces idéaux éclairent toujours le monde, et nous ne les abandonnerons pas par commodité.

A tous les peuples et les gouvernants qui nous regardent aujourd'hui, depuis les plus grandes capitales jusqu'au petit village où mon père est né : sachez que l'Amérique est l'amie de chaque pays et de chaque homme, femme et enfant qui recherche un avenir de paix et de dignité, et que nous sommes prêts à nouveau à jouer notre rôle dirigeant.

Rappelez-vous que les précédentes générations ont fait face au fascisme et au communisme pas seulement avec des missiles et des chars, mais avec des alliances solides et des convictions durables. Elles ont compris que notre puissance ne suffit pas à elle seule à nous protéger et qu'elle ne nous permet pas d'agir à notre guise. Au lieu de cela, elles ont compris que notre puissance croît lorsqu'on en use prudemment; que notre sécurité découle de la justesse de notre cause, la force de notre exemple et des qualités modératrices de l'humilité et de la retenue.

Nous sommes les gardiens de cet héritage. Une fois de plus guidés par ces principes, nous pouvons répondre à ces nouvelles menaces qui demandent un effort encore plus grand, une coopération et une compréhension plus grande entre les pays.

Nous allons commencer à laisser l'Irak à son peuple de façon responsable et forger une paix durement gagnée en Afghanistan. Avec de vieux amis et d'anciens ennemis, nous allons travailler inlassablement pour réduire la menace nucléaire et faire reculer le spectre du réchauffement de la planète.

Nous n'allons pas nous excuser pour notre façon de vivre, ni hésiter à la défendre, et pour ceux qui veulent faire avancer leurs objectifs en créant la terreur et en massacrant des innocents, nous vous disons maintenant que notre résolution est plus forte et ne peut pas être brisée; vous ne pouvez pas nous survivre et nous vous vaincrons.

Nous savons que notre héritage multiple est une force, pas une faiblesse.

Nous sommes un pays de chrétiens et de musulmans, de juifs et d'hindous, et d'athées. Nous avons été formés par chaque langue et civilisation, venues de tous les coins de la Terre. Et parce que nous avons goûté à l'amertume d'une guerre de Sécession et de la ségrégation, et émergé de ce chapitre plus forts et plus unis, nous ne pouvons pas nous empêcher de croire que les vieilles haines vont un jour disparaître, que les frontières tribales vont se dissoudre, que pendant que le monde devient plus petit, notre humanité commune doit se révéler, et que les Etats-Unis doivent jouer leur rôle en donnant l'élan d'une nouvelle ère de paix.

Au monde musulman: nous voulons trouver une nouvelle approche, fondée sur l'intérêt et le respect mutuels. A ceux parmi les dirigeants du monde qui cherchent à semer la guerre, ou faire reposer la faute des maux de leur société sur l'Occident, sachez que vos peuples vous jugeront sur ce que vous pouvez construire, pas détruire.

A ceux qui s'accrochent au pouvoir par la corruption et la fraude, et en bâillonant les opinions dissidentes, sachez que vous êtes du mauvais côté de l'histoire, mais que nous vous tendrons la main si vous êtes prêts à desserrer votre étau.

Aux habitants des pays pauvres, nous promettons de travailler à vos côtés pour faire en sorte que vos fermes prospèrent et que l'eau potable coule, de nourrir les corps affamés et les esprits voraces.

Et à ces pays qui comme le nôtre bénéficient d'une relative abondance, nous disons que nous ne pouvons plus nous permettre d'être indifférents aux souffrances à l'extérieur de nos frontières, ni consommer les ressources planétaires sans nous soucier des conséquences. En effet, le monde a changé et nous devons évoluer avec lui.

Lorsque nous regardons le chemin à parcourir, nous nous rappelons avec une humble gratitude ces braves Américains qui, à cette heure précise, patrouillent dans des déserts reculés et des montagnes éloignées. Ils ont quelque chose à nous dire aujourd'hui, tout comme les héros qui reposent à Arlington nous murmurent à travers les âges.

Nous les honorons non seulement parce qu'ils sont les gardiens de notre liberté, mais parce qu'ils incarnent l'esprit de service, une disponibilité à trouver une signification dans quelque chose qui est plus grand qu'eux. Et à ce moment, ce moment qui définira une génération, c'est précisément leur esprit qui doit tous nous habiter.

Quoi qu'un gouvernement puisse et doive faire, c'est en définitive de la foi et la détermination des Américains que ce pays dépend. C'est la bonté d'accueillir un inconnu lorsque cèdent les digues, le désintéressement d'ouvriers qui préfèrent travailler moins que de voir un ami perdre son emploi, qui nous permet de traverser nos heures les plus sombres.

C'est le courage d'un pompier prêt à remonter une cage d'escalier enfumée, mais aussi la disponibilité d'un parent à nourrir un enfant, qui décide en définitive de notre destin.

Les défis face à nous sont peut-être nouveaux. Les outils avec lesquels nous les affrontons sont peut-être nouveaux. Mais les valeurs dont notre succès dépend, le travail, l'honnêteté, le courage et le respect des règles, la tolérance et la curiosité, la loyauté et le patriotisme, sont anciennes. Elles sont vraies. Elles ont été la force tranquille du progrès qui a sous-tendu notre histoire. Ce qui est requis, c'est un retour à ces vérités. Ce qui nous est demandé maintenant, c'est une nouvelle ère de responsabilité, une reconnaissance, de la part de chaque Américain, que nous avons des devoirs envers notre pays et le monde, des devoirs que nous n'acceptons pas à contrecoeur mais saisissons avec joie, avec la certitude qu'il n'y a rien de plus satisfaisant pour l'esprit et qui définisse notre caractère, que de nous donner tout entier à une tâche difficile.

C'est le prix, et la promesse, de la citoyenneté.

C'est la source de notre confiance, savoir que Dieu nous appelle pour forger un destin incertain.

C'est la signification de notre liberté et de notre credo, c'est la raison pour laquelle des hommes, des femmes et des enfants de toutes les races et de toutes les croyances peuvent se réjouir ensemble sur cette magnifique esplanade, et pour laquelle un homme dont le père, il y a moins de 60 ans, n'aurait peut-être pas pu être servi dans un restaurant de quartier, peut maintenant se tenir devant vous pour prêter le serment le plus sacré.

Donc marquons ce jour du souvenir, de ce que nous sommes et de la distance que nous avons parcourue. Aux temps de la naissance des Etats-Unis, dans les mois les plus froids, un petit groupe de patriotes s'est blotti autour de feux de camp mourants, au bord d'une rivière glacée. La capitale fut abandonnée. L'ennemi progressait. La neige était tachée de sang. Au moment où l'issue de notre révolution était la plus incertaine, le père de notre nation a donné l'ordre que ces mots soits lus :

"Qu'il soit dit au monde du futur, qu'au milieu de l'hiver, quand seul l'espoir et la vertu pouvaient survivre, que la ville et le pays, face à un danger commun, (y) ont répondu".

O Etats-Unis. Face à nos dangers communs, dans cet hiver de difficultés, rappelons-nous ces mots éternels. Avec espoir et courage, bravons une fois de plus les courants glacés, et supportons les tempêtes qui peuvent arriver. Qu'il soit dit aux enfants de nos enfants que lorsque nous avons été mis à l'épreuve, nous avons refusé de voir ce parcours s'arrêter, nous n'avons pas tourné le dos ni faibli. Et avec les yeux fixés sur l'horizon et la grâce de Dieu, nous avons continué à porter ce formidable cadeau de la liberté et l'avons donné aux générations futures.

Par Frédéric - Communauté : Politique française
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Mardi 20 janvier 2009 2 20 /01 /2009 12:54
En une journée, l' Amérique décriée depuis des années par les médias est devenue un modèle...Ce stupéfiant retournement médiatique a été provoqué par l'élection de M. Obama.
Pourquoi un tel manque de recul et de réflexion de la part des médias? L'exaltation est certes retombée très rapidement mais l'excès fut tel pendant une semaine qu'il me semble pertinent d'y revenir.  

Je ne reviendrais pas sur l'élection en elle-même. Bonne route à M. Obama même si bien évidemment il ne peut seul changer le monde. C'est l'action de chacun qui peut contribuer à cela et je ne crois pas à l'homme providentiel.
Ma réflexion est plus sur l'incapacité d'analyse des médias qui a transformé un résultat d'élection en hymne au...n'importe quoi. D'un seul coup la France est devenue un pays ringard ne sachant faire émerger ses élites que d'un milieu étroit et pas de l'ensemble de ses citoyens. Et l' Amérique des ploucs transformée en étoile du monde dont le modèle est à suivre absolument sous peine de nullité.

Pourtant, en France, un Président de la République et un grand nombre de ministres ont des parents ou grands-parents étrangers. Dans n'importe quelle entreprise française, à la seule lecture des noms des salariés, vous voyagez dans le monde. Faites le même exercice en lisant les boîtes aux lettres de votre immeuble, en vous remémorant le nom de vos joueurs de foot préférés ou en regardant votre bibliothèque. Les origines et religions supposées expriment une diversité ample et réjouissante.

Bien sûr, la représentativité est loin d'être totalement équilibrée. Les femmes sont peu nombreuses dans de nombreux domaines et c'est là me semble-t-il un grave déséquilibre de notre société. Que dire des handicapés ultra minoritaires dans de nombreuses entreprises et inexistants dans le monde politique.

Mais la France est imprégnée d'une diversité venant de ses vagues d'immigration. L'oublier est parfaitement incongru et témoigne d'une incapacité d'analyse de ceux dont c'est pourtant le métier. Un simple regard autour de soi et une simple lecture du nom des représentants des élites françaises aurait suffi.

Oui, bien sûr, prendre du recul, analyser, réfléchir...   

Cet article a été publié en novembre 2008. Au vu du renouveau médiatique de l'obamania, il est plus que jamais d'actualité.
Par Frédéric - Communauté : Journalistes et clubs presse
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