Vendredi 20 février 2009 5 20 /02 /2009 15:18

De quoi parlent les médias quand elles relatent une grève ? A qui s'adressent les directions d'entreprises, les pouvoirs publics, quand ils négocient avec des grévistes ? Les conflits sociaux posent-ils la bonne question permettant de rechercher la réponse adaptée ? 

Comme s'il allait de soi que les manifestants ou grévistes soulèvent la bonne ou la mauvaise question, selon l'opinion de chacun, et comme s'il allait de soi que les non grévistes délèguent aux grévistes le droit de les représenter. 

Or, si un conflit est réglé suite à négociation mais que le problème soulevé et donc la réponse apportée ne sont pas adaptés, il y a de forts risques d'une répétition de ce même conflit.

De plus, que représentent et qui représentent vraiment les grévistes ? Les chiffres sont accessibles, certes avec un léger décalage, si l'on souhaite s'approcher de la réalité (voir l'article "Grèves en France: chiffres et cas pratique" publié le 28/01/2009 sur infodifferente.com). On s'aperçoit alors que telle entreprise ou  administration annoncée en grève par les médias compte le plus souvent moins d'un salarié sur deux en grève.

Doit-on alors considérer ces minorités grévistes comme une "avant-garde éclairée", les "sachant " qui s'expriment à la place des autres ? Ou y a-t-il un vrai problème d'interprétation et de communication sur le sujet, les médias préférant recycler à l'infini l'image de quais bondés lors des grèves de 1995 plutôt que d'annoncer, par exemple, que 18% des salariés de telle entreprise sont en grève, ce qui est certes moins spectaculaire ?

La résistance au changement est une réaction normale et connue dans toute conduite de projet, ce qui ne veut pas dire que tout changement soit un bon changement ! Mais le risque d'une négociation d'un conflit avec les seuls opposants au changement et non avec l'ensemble des acteurs concernés est la paralysie. 

Le véritable progrès dans les relations sociales serait de sortir de l'opposition frontale entre les décideurs et les opposants au changement. Mettre en oeuvre des négociations avec l'ensemble des salariés ou personnes concernés par le changement proposé nécessite juste d'introduire de nouveaux représentants dans les négociations sociales.

Des représentants de ceux qui ne s'opposent pas et qui forment souvent la majorité silencieuse. Ainsi donc, il sera possible de sortir du conflit bipolaire qui au mieux ne satisfait encore qu'une minorité (pour faire simple, les patrons ou la minorité gréviste)  pour entrer dans une négociation multipolaire permettant de poser et de répondre à la bonne question.

Cette nouvelle forme de relations sociales est celle de l'avenir et la seule permettant de dénouer les conflits sans en produire d'autres. Elle suppose aussi de sortir du machisme séculaire et du terrorisme de pensée véhiculé par certaines minorités patronales ou syndicales.   

Par Frédéric - Communauté : Economie et société
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